18 août 2007
Une petite marche pour digérer ?
Nous avons donc passé une soirée délicieuse et nous avons essayé de la prolonger le plus possible ...
Nous avions laissé notre véhicule au Parc Relais de la Buttinière à Lormont et avions relié le centre ville de Bordeaux en tram.
Nous avons quitté le restaurant. Il devait être aux alentours de minuit. Nous continions à discuter dans la ruelle, prenant quelques photos, les hommes nous attendant patiemment, résignés à ne pouvoir nous bouger de là.
Puis nous rejoignîmes la Place de la Bourse pour prendre un tram. Babsy et son mari attendant avec nous, en devisant, profitant du magnifique point de vue que l'on a sur la Rive Droite, le Port de la Lune, le Pont de Pierre, les Quais réaménagés ...
Un tram arriva, mais il affichait "sans voyageurs". Nous décidions donc de nous avancer vers la Porte de Bourgogne pour prendre notre correspondance et nous prîmes congés vers minuit et demi.
Sur place deux trams étaient annoncés sur les panneaux lumineux, à 25 et 40 minutes. Aucun des deux n'allant jusqu'au terminus des lignes, ni même jusqu'à la Buttinière.
Nous nous engageâmes sur le Pont de Pierre d'un pas alerte, mais inutile de vous dire que Jean-Pierre n'arborait pas le plus grand de ses sourires ! Et ce n'était pas le moment de proposer un arrêt pour admirer la vue sur la façade XVIIIème qui longe la Garonne et sur la Place de la Bourse, majestueuses même à cette heure. Et encore moins d'émettre l'envie de prendre une photo !
Je me suis gardée de tout commentaire et nous avons amorcé la remontée de l'Avenue Thiers en vue de rallier le parking qui n'était distant que ... de 4 kms environ.
Place Stalingrad, vide et silencieuse.
Un doute envahit mon esprit, que j'émis doucement :
- Tu crois que le parking sera ouvert à cette heure ?
- Quelle question ! bien sûr ! Il faut bien récupérer les voitures !
- Ah. pourtant il me semblait ...
A hauteur de la station Thiers-Benauge, j'ai senti poindre des brûlures précurseuses d'ampoules sous la plante des pieds. Il est vrai que j'avais des chaussures à lanières et talons compensés, pas spécialement adaptées à une petite marche digestive. Mais je jugeais plus prudent de n'émettre la moindre plainte et pris la décision de continuer pieds nus.
J'avançais donc dans la douceur de la nuit, les sandales à la main, telle une starlette des années 60 sur la Croisette. Sauf que je n'ai rien d'une starlette, qu'il n'y avait aucun paparazzi à l'horizon et que le seul public à ma disposition était mon cher et tendre. Autant dire que je n'ai pas rencontré le succès auquel j'étais en droit d'espérer !
J'ai pu apprécier la relative douceur du bitume, exempt de cailloux pointus et déchets gênants.
A hauteur de Galin, deux policiers contrôlaient un scooter, penchés sur le moteur, lampe électrique à la main, à déchiffrer les numéros moteur.
A hauteur du Pont Saint Emilion, je jetais un oeil sur le parking sur lequel il nous arrivait de garer notre véhicule. Mais tel n'avait pas été notre choix ce soir. Naturellement, je ne fis aucun commentaire.
Près des travaux de la gare de Cenon, je dus remettre mes chaussures vu les gravas jalonnant le bord de la route. Je réfreinais une grimace et continuai à suivre JP, toujours silencieux depuis notre départ.
Il ne nous restait plus que 800 mètres environ à faire : la côte des 4 Pavillons.
En fait, elle n'est pas si terrible que cela à pied. Pour rien au monde je ne l'attaquerai en vélo, mais en prenant la voie de circulation des autos de service, interdite à la circulation, nous avons grimpé tranquillement ces dernièrs hectomètres, les 3 étages du Parc-Relais en point de mire.
De loin, j'aperçus l'accès aux escaliers et ascenceurs ... fermé par un rideau de fer.
Qu'à cela ne tienne me dit Jean-Pierre, on va contourner le bâtiment et entrer par la voie d'accès des véhicules.
Allez, encore quelques mètres en mode "grimpeur".
Je laissais JP approcher la cabine du gardien de nuit, mais je connaissais déjà le résultat. Les voies d'accès étaient fermées, avec de superbes rideaux de fer qui rutilaient dans la nuit.
Je récupérais un mari fataliste qui m'annonça que le parking réouvrait ses portes à 5 h du matin.
Et nous voilà plantés au rond-point situé à la sortie du parc-relais.
Je jetais un oeil sur ma montre. 1 heure 50 du matin.
Je tentais un timide "on fait quoi ?"
- On attend l'ouverture pardi ! Tu veux renter à la maison à pied ?
- Heu .... 20 kms ? non merci. On pourrait aller jusqu'aux urgences de la clinique d'à côté et demander un taxi ?
- Ca va pas non ?
- Bon. Et appeler une des filles pour venir nous chercher ?
- C'est cela ! on va les réveiller en pleine nuit !
- OK Comme tu veux. On est en vacances après tout et il fait bon. Mais quitte à attendre, je préfère être assise. On va redescendre à la station de tram et s'asseoir sur un banc.
Et 50 mètres de plus (en descente cette fois-ci, cela changeait un peu !)
Nous avons squatté le premier banc. Et je me suis installée. Quitte à attendre, autant que ce soit relativement confortablement. J'ai calé mon sac derrière mes reins, ai posé ma tête sur l'épaule de J.P, ai allongé les jambes sur le banc et décidais de sommenoler.
Alors là, mon JP il a gambergé un peu. J'ai entendu un léger "Appelle-donc Céline" puis après une hésitation "oui, parce que si la police vient à passer, on va se faire embarquer"
Tu parles ! 3 heures à attendre tout seul, cela n'a pas du trop l'enchanter.
Sac. Portable. Numéro de notre fille nouvellement installée. Sonnerie. Messagerie. J'ai raccroché.
Numéro du copain de notre fille nouvellement installée. Sonnerie. Céline qui décroche.
"Maman ? heu ... tu as vu l'heure ? il est deux heures"
"Oui ma chérie. Tu dormais ?"
"Non, nous sommes chez des amis, à Saint Louis de Montferrand. On allait attaquer un Monopoly"
En deux mots j'explique notre situation. Un grand éclat de rire me perce les tympans. Elle s'étrangle en racontant notre mésaventure autour d'elle (faudra que je revois mon éducation : et la charité ? hein ? pfff).
Finalement, elle nous a envoyé notre gendre. Il a eu comme consigne de ne faire aucune remarque, mais il a eu du mal à dissimuler un petit sourire narquois.
Nous avons finalement retrouvé nos pénates peu avant 3 heures.
En se couchant, Jean-Pierre commençait à gromeler. Je me suis redressée : "Dis-donc, si cela était arrivé à des amis, tu n'aurais pas été plié de rire ?" Un "oui" dans un souffle fut sa seule réponse, avant de partir dans un éclat de rire !
C'était pas tout, le lendemain, il nous fallut récupérer la voiture.
Une petite ballade en scooter pour rallier le parking. Un mot sur le pare-brise indiquant qu'il était interdit de laisser la voiture pendant la nuit et donc une amende à régler pour récupérer le véhicule. Je m'excusais auprès de l'agent de contrôle sur notre non-intention délibérée et à l'énoncé de notre marche nocturne, je vis sa mine ahurie et entendis un "allez, c'est bon, passez" !
Mais .... je ferais pas cela tous les jours !
J'en aurai presque oublié de vous montrer ce que Patatafrita nous a ramené ...
des mostachones (gros macarons), de l'huile d'olive, de l'encre de calamar et des recettes ... charentaises !
Commentaires
à nantes aussi c'est comme ça...
une de mes copines a failli voir les portes fermées en rentrant d'un tit resto... 22h la fermeture !
complètement aberrant vue la politique "prenez le tram" "venez dans le centre"... mais bon...
bon week end :D
hihihihi ! Je me marre ... mais je comprend mieux le mal aux pieds ! :P
Bizz à tous !
PFUUUUUUUUUUUU
Je sors avant de m'étrangler avec mon rire retenu
Ah je dois bien dire que je suis morte de rire à la lecture de ce bel article.
Je ne sais pas pourquoi mais j'ai pas de mal à imaginer JP!!
tu fais pas les choses à moitié :)
ça ne m'est jamais arrivé ce genre de mésaventure, heureusement !!!!
Quelle aventure !!! Libournaise d'origine je connais bien le coin, je trouve que vous avez fait une trotte impressionnante, et la côte... elle est quand même bien raide !
Bon ben, la prochaine fois que je viens dans la région je saurai que pour les soirées le plan tram il faut éviter.
C'est vraiment pas de chance, au moins vous le saurez pour la prochaine fois...
Elodie
Et bien ce billet me réonforte, il m'est arrivé la même chose mais en décembre et c'est moins rigolo sous le froid!!
idem.Après un concert à la patinoire entre copines!! mon mari était content le lendemain de payer l'amende et d'aller chercher la voiture!!!
y a pas à dire, ce parking ferment trop tôt!!!
:-D et la digestion a été bonne ?
Bon à savoir pour tous les parking de rabattement fermetn 5 minutes après le dernier tram... Faut donc connaitre les horaires de tram par coeur :(
Gloria tu aurais du venir à celui de Galin.
Il ferme comme les autres mais malgré les travaux de la nouvelle gare TER qui bloquent la circulation nocturne des trams (bus de remplamcement mis en place mais mal signalés et indiqués) les trams viennent jusque là et puis surtout ça fait vachement moins loin à pieds.
Je sais je pratique Chartrons-Galin les jours de grève ou de panne générale, de prèfèrence sous la pluie ;)
Les ampoules vont bien ?
Les mostachones étaient bons ?
Nous avons connu une mésaventure du même genre avec mon mari, en sortant du théâtre à Paris. Après une bonne heure à tourner et à regarder, incrédules, notre voiture à travers les barreaux, nous avons fini par trouver un trrrrrès gentil monsieur chargé de la surveillance de l'endroit qui a bien voulu nous ouvrir. Ouf ! Mais nous n'avons pas eu la marche à faire avant comme toi... Je compatis mais c'est vrai, qu'après ou si on n'est pas concerné, on trouve ça drôle.
les céliparents! on ne peut pas les laisser seuls!! vous n'avez pas pensé à prendre une chambre d'hôtel, comme deux amoureux? je suis sûre que ça aurait été super sympa!!
Quelles aventures !!! en tout cas préviens moi à l'avance et la prochaine fois je viendrais prendre les photos quand tu parcours la ville pieds nus ! bon après j'hésite entre Paris Match et Voici !
J'ai pris enfin le temps de lire, cela fait tout drôle un billet de toi sans photo ou presque mais alors tu racontes si bien que l'on a les images avec ! C'est vrai que sur le coup ... J'aurais bien aimé voir la tête de Céline et les éclats de rire de ses amis lorsqu'elle racontait ton aventure au bout du fil ! Lol
Eh bien! Je crois que je t'ai eu au téléphone depuis ton aventure et tu t'en n'es pas vantée, tu a préféré que je découvre cela sur ton site? Comme le dis sylvie89300 vous auriez du prendre une chambre d'hôtel, si prés de chez vous cela aurait été original et sûrement sympa. Allez tu me racontera cela en détail le week-end prochainn on vous attend tous les deux comme prévu.
quelle baroudeuse cette Gloria ! :))))
JP ... Petit joueur :)))
Z'auriez bien pris un p'tit café ou une t'ite liqueur cara.bar en attendant .... ? :)))
J'adore ce genre d'anecdote. ça me fait hurler de rire surtout quand on connaît les protagonistes...
Je vois que peu d'entre vous sont charitables !
Sylvie et la sister, j'ai bien pensé à l'hôtel, mais pour rejoindre le plus proche, il fallait encore marcher, traverser la rocade etc ... il y avait encore pour presqu'une heure de marche. Heu ... il ne faisait pas froid ce soir là et il ne pleuvait pas ! (et mes pieds ont refusé toute négociation sur un nouveau parcours !)
Dorian, je reconnais là ton sens de l'a-propos !
En fait, j'avais un peu zappé que nous étions un lundi et j'avais mémorisé les horaires de fin de semaine qui faisait partir le dernier tram aux alentours de 1 h., alors qu'en début de semaine c'est aux alentours de minuit ... Mais je ne la ramène pas trop là-dessus, JP insistant depuis 23 h 30 pour qu'on s'en retourne ....
Mes pieds s'en sont remis. Et quand JP a quelques velléités de se poser en victime, je lui dit qu'au moins, je ne lui pas mener une vie monotone !
en fait ...
quand vous vous êtes couchés le parking allait ouvrir...
Pour l'hôtel il y en avait un pas très loin, sur la gauche au rond point de Carrefour, 600 m après le rond point à peu près, très sympa et prix correct, j'y envoie mes parents quand il viennent ;)
ils ont même un site http://fontbelleau.free.fr/
Qui sait une prochaine fois ;)
Quelle aventure !
Je rentre de vacances, un petit tour sur mes blogs favoris et je découvre ton billet...
Quand je pense que j'étais en vacances non loin de Bordeaux et qu'il était fort possible que je passe par là par hasard... j'imagine très bien la scène, une starlette, pieds nus et un mari ronchon !
Quel dommage que je ne sois pas passée par là, je suis sûre que je vous aurais embarqué... et peut même que je t'aurais reconnue !
En tout cas, j'imagine très bien que cela puisse m'arriver mais j'habite dans une ville si petite que point de tram à l'horizon !
Bisous et bonne semaine et soigne bien tes ampoules !
je te savais aimé la marche à pied mais là tu bats les record....
hihihihiiiiiiiiiiiiiii !!!
t'as pas fini t'en entendre parler au boulot !!!!!
à bientôt !!!!!
Nous passons la nuit de mercredi chez Fille à Bordeaux , je ferais attention :)
Explosée de rire , la Miaou .. Tres bien raconté, soit dit en passant :)
Bizzronron !
Et toi je vois que tu ne perds pas ton humour quelque soit la situation, je pense que je devrais prendre quelque cours moi qui suit trop souvent le roi de la soupe au lait ,-) !
Poster un commentaire
Rétroliens
URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=29418&pid=5900018
Liens vers des weblogs qui référencent ce message :















